Faire la guerre aux « tue-l’amour » : Adieu nuisette, bonjour pilou, pilou!

« Le vernis à ongles sur les pieds, c’est primordial ! »

Il est 20 heures. Traînant des pieds sur le parquet, Marion sort de la chambre des enfants qu’elle vient, ouf ! de mettre au lit. La soirée commence. Il est temps de se mettre à l’aise : Marion saute dans son vieux jogging, enfile ses bonnes grosses chaussettes de laine et, sans un regard à son miroir, plonge la tête la première dans le canapé. Ah ! comme c’est confortable de se retrouver chez soi, bien au chaud, avec son petit mari !

Le petit mari, lui, n’est pas tout à fait de cet avis. Secrètement, il regrette la Marion si fraîche et si pétillante d’autrefois. Les yeux rivés sur la télévision, il ne prend d’ailleurs même plus la peine de lui jeter un regard. Et ne fait plus trop d’efforts de son côté : un caleçon, un tee-shirt, et le tour est joué ! Pourquoi se gêner ? On se connaît depuis tant d’années…

Adieu nuisette, bonjour pilou, pilou

« Il y a toujours des phases où on se laisse un peu porter dans un couple, constate Audrey. On ne peut pas être au top tous les jours. Mais quand le laisser-aller s’installe, il y a un problème. C’est important de continuer à vouloir séduire l’autre, même si on sait que le lien est solide et que l’on s’aime très fort. Quand on commence à prendre son conjoint pour un acquis, on va vers la catastrophe ! » Le tableau nocturne offert par Marion et Sébastien vous rappelle un petit quelque chose ? Alors, il est temps d’opérer une reprise en main urgente !

Message reçu !

Celui qui se laisse aller ne s’en rend pas toujours compte. Pour faire changer les choses, il n’y a pas dix mille solutions : il faut en parler. Sébastien, au bout de quelques mois, a fini par lâcher le morceau : « J’ai dit à Marion que j’en avais assez de la voir en survêtement tous les soirs. » Évidemment, la remarque est un peu rude ! Il y a peut-être moyen de faire passer le message plus en douceur. « Tous les week-ends, pendant un an au moins, Samuel a enfilé le même vieux pull orange », raconte Elsa. Elle a préféré avoir recours à l’humour pour attirer l’attention de son mari sur cette fâcheuse tendance. « Je lui ai lancé de petites piques du genre : “Tiens, mais c’est vrai… on est en week-end aujourd’hui.

Heureusement que tu as mis ton pull, j’allais oublier !” » Samuel n’a pas tardé à remettre le pull en question au placard. La tendresse est aussi une solution efficace : « Quand Bella porte quelque chose qui me plaît, témoigne Élidjah, je lui dis : “Oh ! dis donc, tu es jolie aujourd’hui. Elle te va bien, cette petite robe.” Quand elle porte quelque chose qui me plaît moins, je ne dis rien. » Bella, fine mouche, a vite compris le message. Par ces petites remarques, on prouve que l’on fait attention à son conjoint, ce qui l’incitera toujours à se montrer sous son meilleur jour. Sinon, à quoi bon ?

Trouver le juste équilibre

Pour continuer à séduire, les débordements sont certes à éviter : ne plus porter qu’un vieux jogging ou des tenues débraillées pour ces dames, traîner le soir en slip ou en caleçon dans le salon pour ces messieurs. Un peu de tenue, s’il vous plaît ! Cependant, la majorité des couples valorisent le naturel et la décontraction au quotidien. Ne pas se négliger est une chose, mais parader en talons aiguilles chaque soir ou être tiré à quatre épingles en est une autre. « Être paré en permanence pour son conjoint, c’est un esclavage, remarque Audrey. Cela laisse supposer que l’on se sent en danger. » Ce qui, loin de séduire, finit par embarrasser, voire même par lasser. « Si j’enfilais une minijupe en rentrant du travail, JeanBaptiste trouverait que je suis déguisée ! » affirme Camille. Il s’agit donc aussi de ne pas trop en faire… Mais alors, comment s’y prendre ?

Pourquoi sommes-nous attirés par certaines personnes en particulier ?

Cultiver son naturel

« Le soir, on aime bien être détendus. Je ne me vois pas rester en costume et en cravate, confie Raphaël. Johanna, elle aussi, se change. Mais je la trouve élégante comme elle est. » Tiens, tiens… et pourquoi cela ? « Elle prend soin de ses cheveux, de sa peau, elle porte de petits bijoux… et j’aime bien son parfum. » Le naturel de Johanna est donc légèrement retravaillé !

« C’est surtout le laisser-aller corporel qui est un répulsif, ajoute Elsa. Se laver, s’épiler (se raser ou entretenir savamment sa barbe de trois jours…), prendre soin de son corps, l’entretenir en faisant du sport pour ne pas se retrouver avec 12 kg de plus au bout de dix ans… Et surtout sentir bon : une bonne odeur fait partie d’une bonne entente physique. » À vos flacons, à vos savons… et à vos chewing-gums à la menthe (oui, oui, la mauvaise haleine est un tue-l’amour) ! Une fois cette base solidement posée, à chacun ou chacune d’y ajouter ces petits ornements qui accrochent le regard : « Le vernis à ongles sur les pieds, c’est primordial ! » clame Marion, totalement transformée. À chacun aussi de rester à l’écoute des préférences de son partenaire, car il n’y a pas de modèle clé en main pour plaire : « Ce qui fait plaisir à Jean-Baptiste, c’est quand j’enlève mon maquillage », confie Camille. Sans oublier pour autant de penser à soi ! Une petite dose de narcissisme est indispensable à la séduction : « C’est d’abord pour moi que j’ai envie d’être jolie, dit Bella. Pour me sentir bien, avoir confiance en moi. » Cette belle assurance ne manquera pas de détourner quelques regards dans la rue… ce qui n’échappera pas à la vigilance d’Élidjah. Il faut aussi un peu plaire aux autres pour enflammer son conjoint (et cela vaut pour ces dames comme pour ces messieurs).

Sortir le grand jeu !

Le naturel est bien sympathique, mais quelques petites entorses à la règle ne gâcheront rien. Surtout quand le vent tourne : « Quand il commence à faire beau et que je vois toutes ces filles dans la rue en tenue affriolante, je me dis : “Il est peutêtre temps de faire un petit effort” », avoue Bella, qui a décidément la tête bien sur les épaules. Un peu de coquetterie bien placée, au bon moment, suffit en effet à tout magnifier : « J’ai de jolis dessous, confie Johanna. Je ne les mets pas tous les jours, mais quand on sort ou pour nos soirées à deux. » Verdict de Raphaël ? « C’est vrai que lorsqu’on sort, qu’elle est maquillée, bien habillée, je la trouve très sexy. Ensuite, j’ai d’autant plus de plaisir à la voir traîner le dimanche matin, en pyjama, toute décoiffée. Cela m’attendrit. »

Voilà le secret : savoir cultiver le contrepoint, afin que le laisser-aller d’un moment, loin de passer pour de la négligence, apparaisse sous le jour charmant de la vulnérabilité. Un principe à conjuguer aussi bien au féminin qu’au masculin. Et de jour comme de nuit : « Pour dormir, je peux enfiler un bon gros pilou pilou… mais parfois aussi une petite nuisette », confie Camille. Au grand bonheur de Jean-Baptiste, qui résume tout d’une formule : « Ce qui compte, c’est le petit machin au bon endroit (ou au bon moment), mais pas tout le tralala ! »

Un peu de pudeur !

Mais rien ne sert de se faire beau ou belle si c’est pour infliger à sa moitié le triste spectacle de ses petites vicissitudes intimes. On aura beau s’apprêter, se maquiller, se parfumer, l’effet retombera comme un soufflé si l’on finit, comme deux vieux copains, par se brosser les dents de concert devant le miroir de la salle de bains. Pour maintenir une part de mystère, tout passe d’ailleurs par ce territoire clé : la salle de bains. Même si un excès de pudeur là encore sonne faux, il est bon de la fréquenter autant que possible en alternance. « On a toujours pris garde à ne pas faire nos soins intimes l’un devant l’autre », expliquent Camille et Jean-Baptiste. Et à ne pas laisser traîner leurs petites affaires derrière eux : caleçons, serviettes hygiéniques (même propres !), fil dentaire… tout doit disparaître ! « Le risque, quand on vit ensemble depuis longtemps, conclut Jean-Baptiste, c’est de recommencer à se comporter comme si l’on était tout seul. Vivre ensemble comme deux célibataires crasseux, non merci ! En fait, c’est juste une façon de ne plus voir l’autre. »

Et si le problème du laisser-aller était en réalité le révélateur d’un tue-l’amour plus profond : l’indifférence ?