Comment demander ce qu’on veut, sans s’énerver en couple

« Tu ne pourrais pas m’aider un peu pour une fois ! »

  • Estelle peut à peine aborder le sujet des tâches ménagères avec son mari : « La répartition du travail domestique s’est faite selon les affinités de chacun, mais n’est pas équitable. Dès que j’essaie d’en parler, Antoine se braque. »
  • Estelle reproche notamment à son époux de toujours remettre à plus tard ce qu’il s’est engagé à faire ; il le reconnaît d’ailleurs volontiers. Elle apprécie cependant qu’il se lance dans des projets importants comme la réfection de leur salle de bains : « Il l’a entièrement repeinte et y a posé le lino. »
  • En revanche, elle supporte mal qu’il néglige les finitions : « Sans doute parce qu’il s’est beaucoup donné pour les travaux, il se relâche quand il s’agit d’attaquer les finitions. Il a placé une poubelle pour recueillir l’eau sous la chaudière qu’il faut encore raccorder à un tuyau. Cela peut rester en l’état des mois durant. Dans la cuisine, nous avons rajouté un meuble, en bas duquel il doit mettre des plinthes pour cacher les pieds. Au bout d’un an, rien n’a changé. Son attitude est la même dans d’autres domaines, comme les démarches à effectuer auprès de l’assistante maternelle pour la garde de notre seconde fille. À la longue, cela devient usant. »
  • Parfois Estelle explose : « J’estime ne pas lui demander beaucoup. Quand ce minimum n’est pas fait alors qu’il s’y est engagé et que je compte sur lui, cela me met en colère ! »

Est-il possible de demander de l’aide, de faire part de ses difficultés sans s’énerver ou tomber dans l’excès des reproches ?

Choisir le bon moment

Comment demander ce qu'on veut, sans s’énerver en couple
Choisir le bon moment

Dire à l’autre ce que l’on ressent ne signifie pas forcément l’exprimer immédiatement « à chaud ». Prendre un peu de recul et choisir le moment propice est plus habile.

Éviter de le faire le soir après une journée de travail décrite comme épouvantable, au risque de provoquer des tensions ou carrément la dispute. Il est plus judicieux de susciter la discussion lors d’un moment calme, de préférence hors de la présence des enfants.

De même, pour proposer de faire le grand ménage de la maison, il est préférable d’éviter le moment que l’autre avait justement choisi pour regarder un film ou surfer sur Internet.

Ainsi Arnaud évoque certains samedis matin un peu tendus : « Sabine tenait absolument à faire le ménage à ce moment précis, alors que j’avais besoin de me détendre après une semaine de travail. »

Sabine a fini par comprendre que ce n’était pas le bon moment et a changé son fusil d’épaule : « Pour ne pas m’énerver, je sortais avec les enfants, parfois nous allions au marché. On se mettait au ménage pendant la sieste des enfants. »

Mettre les formes

Comment demander ce qu'on veut, sans s’énerver en couple
Mettre les formes

Traiter l’autre tel que nous voudrions qu’il nous traite est parfois, dans la tourmente du quotidien, difficilement applicable. La proximité, l’intimité dans le couple peuvent amener à se laisser aller à des mots ou des gestes qui dépassent parfois la pensée.

Pourtant, la majorité d’entre nous connaît l’importance de la diplomatie. Ne faudrait-il pas penser plus souvent que la manière de dire les choses est significative du respect porté à l’autre ?

Sans compter qu’il est plus aisé d’obtenir de l’aide pour essuyer la vaisselle en le demandant gentiment qu’en vociférant un : « Tu ne pourrais pas m’aider un peu pour une fois, tu vois bien que je suis débordé(e) ! » Mais cela n’empêche pas nombre d’entre nous de manquer souvent de délicatesse.

Laurent reconnaît sa difficulté à formuler ses remarques avec tact : « Je dis les choses tout de suite mais jamais avec les formes. » Il avoue hausser facilement la voix. Agathe réagit et c’est l’escalade : « Je n’ai pas à obéir à ses ordres. Quand il crie, je me sens vraiment agressée et je réponds sur le même ton. Je pense que, s’il y mettait les formes, je réagirais peut-être autrement. »

C’est la stratégie de Valérie : « Il vaut mieux décrire la situation en parlant de soi, de ce que l’on ressent plutôt que de faire des reproches impliquant directement la personne ». Dire : « J’ai l’impression, le sentiment que… ; je me sens… », plutôt que d’accuser l’autre : « Tu as fait, tu n’as pas fait… »

Exprimer son mécontentement, son désaccord, ses envies et ses souhaits sans attendre que la goutte d’eau fasse déborder le vase limite sans doute l’intensité des conflits. Autrement, la situation peut rapidement dégénérer, comme l’explique Laurent : « Après une accumulation de contrariétés, je commence à hausser le ton, Agathe répond un cran au-dessus, je crie alors plus fort et c’est l’engrenage ; parfois jusqu’à ce que l’un de nous, à bout, quitte la maison. Une fois, Agathe a même fait sa valise, mais elle n’est pas allée bien loin car nous nous sommes heureusement rapidement expliqués. »

Parler au lieu de claquer la porte, respirer calmement avant de demander de l’aide, choisir le moment propice : autant d’astuces toutes simples qui dédramatisent les petits conflits quotidiens.

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